Dans le cadre d'une séance d'initiative parlementaire, le groupe socialiste de l'Assemblée Nationale a déposé une proposition de loi "pour favoriser l'insertion des jeunes dans l'emploi". Active dans le groupe de travail "jeunesse" de Nouvelle Voix, je travaille sur ces questions depuis plusieurs mois et je suis intervenue dans la discussion générale.
Par cette proposition de loi, le groupe socialiste veut contribuer à répondre à l’inquiétude de nos concitoyens qui, déjà préoccupés hier de la persistance du chômage des jeunes, ne sont aujourd’hui que plus circonspects après l’épisode catastrophique du CPE.
Il serait pertinent que les parlementaires de la majorité et que le Gouvernement ne choisissent pas d’interrompre ce débat au terme de sa discussion générale et laissent celui-ci se poursuivre afin que la confrontation démocratique de nos options et des leurs puisse simplement avoir lieu.
Ce texte vise en effet, en premier lieu, à institutionnaliser le principe de la concertation et la négociation entre les pouvoirs publics et les partenaires sociaux préalablement à toute réforme.
Cette exigence est d’autant plus affirmée après les tentatives répétées de passage en force du Gouvernement sur plusieurs dossiers, dont le CPE n’est que le dernier en date. Nous y opposons donc aujourd’hui une autre conception de la démocratie sociale comme corollaire de la démocratie représentative. Les partenaires sociaux ne s’y sont pas trompés et ont amorcé le débat.
En proposant d’instituer pour tous les jeunes un droit universel à l’accès à la formation et au logement, clefs de l’entrée dans la vie active, assorti d’un parcours personnalisé et adapté à la situation de chacun d’entre eux, nous pensons particulièrement à ces 150.000 jeunes sans qualification qui demeurent les moins biens armés face au chômage. Nous n’oublions pas ceux qui, malgré une qualification professionnelle et des diplômes, peinent à trouver du travail et à gagner leur autonomie.
Nous comprenons la légitime préoccupation des employeurs de recruter des salariés à même de répondre aux besoins de leur entreprise qui les conduit à exiger d’eux une expérience professionnelle alors que leur formation est à peine achevée. Et c’est pourquoi nous devons accompagner cette entrée dans l’entreprise quand cela est nécessaire.
Notre proposition de loi vise donc à créer un système d’incitation au recrutement des jeunes qui devra, tout autant, favoriser des recrutement en CDI, afin de ne pas donner la prime à la précarité comme l’aurait fait le CPE et comme le fait le CNE que les élus de la majorité refusent encore d'abroger, malgré l’avertissement envoyé par le pays à la majorité et au gouvernement.
Car nous savons aujourd’hui que 60% des CNE signés concernent des jeunes. La précarité de ces contrats touche, comme toujours, les plus faibles : les jeunes, les femmes, les travailleurs sans qualifications, ceux en proie aux discriminations, etc...
Ce n’est pas non plus la nature des contrats qui crée de l’emploi. Seule la croissance crée de l’emploi. Toutes les organisations professionnelles le savent. Et, le rôle du gouvernement est de soutenir et participer à cette croissance en redonnant confiance aux investisseurs, aux entreprises, en accompagnant cette montée en puissance comme l’avait fait Lionel Jospin par le soutien à l’activité et à l’innovation.
Ce texte que nous proposons, après de nombreuses auditions et concertations, apparaît évident à tous les partenaires sociaux, mais aussi aux collectivités territoriales qui, sur le terrain, innovent et proposent des solutions empreintes de bon sens, sans la force du pouvoir de l’Etat.
Ainsi, le jeune doit, tout d’abord, pouvoir s’adresser à un service public de l’emploi unifié : une seule porte d’entrée, lieu où il trouvera, auprès d’un seul référent, l’accompagnement nécessaire, validé par un contrat engageant les deux parties sur l’ensemble des points à traiter qui le concernent : formation, logement, santé, mobilité, aides financières (fonds d’aide aux jeunes, fonds de solidarité logement, etc…), garde d’enfants pour les jeunes mères et accompagnement si nécessaire dans l’entreprise par une cellule d’appui social sur laquelle l’Etat et les collectivités territoriales pourront participer, chacun à hauteur de ses compétences.
C’est par la continuité de l’action auprès d’un jeune l’engageant dans son parcours d’accès à la vie active, que nous redonnerons une crédibilité à l’action publique, en facilitant les démarches des jeunes et des entreprises, et non en fragilisant le jeune après l’entrée dans l’entreprise. Des dispositifs de ce type sont déjà expérimentés dans certaines régions avec les missions locales. Les régions compétentes en matière d’emploi et les départements en matière d’aide sociale, s’associent pour plus d’efficacité et de pertinence des actions. L’Etat en est absent !
Il faut permettre que ces expériences s’expriment, faisons confiance aux partenaires sociaux pour proposer des solutions.
Et, sur le terrain, dans nos régions, dans nos départements, dans nos communes, ouvrons des Etats généraux pour qu’ensemble nous répondions et redonnions confiance en l’avenir à notre jeunesse ! La démocratie en sortira grandie et, au-delà de nos divergences sur la question, la priorité à l’emploi sera clairement affirmée !
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