Les multiples ronds dans l'eau du Clemenceau et les incompétences gouvernementales qu'ils ont révélées ont ridiculisé la France. Le navire revient maintenant à Brest, port qui l'a vu naître il y a cinquante ans. Au reste, les élus brestois auraient préféré être informés de ce retour par le Gouvernement plutôt que par les médias ! Mais il est vrai que nul ne s'étonne plus de l'autoritarisme qui conduit à refuser tout dialogue. Alors que le Conseil d'État a qualifié l'ancien fleuron de notre marine de « déchet dangereux », nous apprenons que le Gouvernement aurait été informé depuis de longs mois de l'impossibilité de transférer le Clemenceau en Inde : qu'en est-il ? Quelle est la part de responsabilité personnelle de Dominique De Villepin dans la conduite de ce dossier ?
Cette affaire a été gérée lamentablement mais elle a également révélé toutes les difficultés qui s'attachent à la dépollution, à la démolition et au recyclage des navires en fin de vie, qu'ils soient civils ou militaires. Nous le savons bien : seule l'action des États et des organisations internationales permettra d'adopter des règles et des procédures efficaces. Nous devons notamment faire cesser les abus - tant à l'encontre des équipages que de l'environnement - liés à la multiplication des pavillons de complaisance. La France doit redevenir une force de proposition. Il n'est que temps d'agir, et le groupe socialiste demandera la création d'une mission d'information à ce sujet.
Mais la France doit aussi assumer ses responsabilités pour ce qui concerne ses propres navires. Alors que l'État soutient la filière de démantèlement des avions implantée à Tarbes, est-il prévu de constituer une filière analogue pour les bateaux ? Et l'État entend-il mobiliser les moyens nécessaires à son développement ? Dans cette affaire comme dans beaucoup d'autres, le Gouvernement, à l'image du Clemenceau déclassé, fait figure de vaisseau fantôme ! Quel gâchis pour notre pays !
Les commentaires récents