La promotion de l’égalité des chances, en ZEP, en banlieue et ailleurs, réclame des actes concrets, et ne peut se contenter d’effets d’annonce. Avec un cynisme désarmant, le gouvernement annonce la suppression de 798 emplois d'enseignants mis à disposition des associations complémentaires de l'école publique, le mode d'exécution du budget de l'Etat induit par la loi organique relative aux lois de finances, la LOLF, ne permettant plus de reconduire les dispositions antérieures, notamment la mise à disposition d'agents publics. Juridiquement on pourrait parler de contresens, puisqu'elle permet en revanche des engagements budgétaires pluriannuels, y compris sur du fonctionnement. Or les subventions enregistrent une baisse continue d’au moins 20 % sur les quatre dernières années. Pire, la ligue de l'enseignement voit sa subvention réduite de 75 %, le « fonds national pour le développement de la vie associative » (FNDVA), qui permet aux associations des sections départementales de former leurs bénévoles, subirait une réduction de crédits de l'ordre de 50 %, et les postes FONJEP enregistreraient la même baisse.
Comment le comprendre dans le contexte actuel, où le nombre d'élèves touchés par des situations de pauvreté et d'exclusion est en augmentation constante ? Qu’est-ce que cela signifie alors que l’on parle de mettre en place des dispositifs de « réussite éducative » ?
Ces associations – qui représentent 40 000 participants sur le Finistère, et 1 000 salariés – sont venus me faire part de leur impossibilité de faire plus et mieux avec moins de moyens. On sait bien, en effet, que la compensation sous forme de subventions est loin de correspondre à l'intégralité du coût entraîné par la suppression de ces postes mis à disposition.
Face aux difficultés d’insertion sociale des jeunes, je doute que la politique actuelle du tout-répressif soit plus efficace et au final moins coûteuse que les actions que mènent ces associations à l’école elle-même, dans les centres de loisirs et de vacances, dans les établissements spécialisés, au sein des ateliers-relais, au travers des formations qu’elles mettent en place ou par les outils éducatifs et des dispositifs innovants qu’elles produisent. Une éducation laïque, citoyenne et responsable ne sera jamais dispensée par le secteur marchand, mais bien par les réseaux associatifs, premiers partenaires éducatifs de l’Education Nationale.
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